L'Eglise

Eglise notre Dame, édifiée en 1132 par Salon, Vicomte de Sens

C'est en 1132 que Salon, Vicomte de Sans (le Comté de Sens ayant été réuni à la Couronne dès 1055) édifia sur sa terre de Chaumont une magnifique église - contemporaine de la Cathédrale de Sens - (en l'honneur de la Très Sainte Vierge), laquelle vers 1163 fut érigée par Hugues de Toucy, archevêque de Sens et confiée aux religieux de l'Abbaye Royale de Saint-Jean-lès-Sens à la prière et à la requête du Pape Alexandre III, alors en exil et réfugié à Sens, parce que chassé de Rome par Frédéric 1er Barberousse, Empereur d'Allemagne.

L'Eglise, telle qu'elle est aujourd'hui, a été bâtie en plusieurs fois. Elle est en partie romane et en partie ogivale. Au début de sa construction, elle ne se composait que d'une nef. Le sanctuaire, le chœur, les murs de la nef et le bas-côté sont d'une époque postérieure, peut-être XIVème ou XVème siècle.

église vue du ciel

Il est facile d'en juger, d'une part par les fenêtres de la nef situées au midi qui ont été murées quand le bas-côté fût bâti et d'autre part par le mur de séparation qui existe dans les voûtes entre le chœur et le Sanctuaire ainsi que les contreforts du Chœur et du Sanctuaire laissés tels en bâtissant le bas-côté. Primitivement, la nef n'avait qu'un plafond au-dessus des poutres. A la dernière travée vers la porte d'entrée se trouve sur les deux arceaux une inscription malheureusement recouverte de badigeon et qui indiquerait la date de la construction de la voûte. Le Sanctuaire, avec ses cinq fen êtres étroites, légèrement ogivales et bordées de fines colonnettes, présente avec la voûte en demi-dôme un ensemble très remarquable et surtout très rare dans les églises de campagne où, le plus souvent, un mur droit termine l'abside.

Aux deux premières fenêtres du Sanctuaire, côté épître et côté évangile, une figure sculptée, formant chapiteau, représente celle du fondateur de l'Eglise et de sa femme. Le transept porte une restauration du XIIIème ou XIVème siècle. Les piliers circulaires ou biseautés, à tailloirs, sont de l'époque. Les chapiteaux variés sont de la même transition. Le clocher est du même style. Les portails sont ultérieurs. Le grand avec ses pieds droits et ses dents de scie du XIIIème siècle. A droite et à gauche de ce portail, les fenêtres géminées et trilobées sont du XIIIème ou XIVème siècle.

Intérieur de l'Eglise, nef centrale

Le clocher était doté de 3 cloches. Une seule subsiste aujourd'hui. Les deux autres furent descendues en 1792-1793 et fondues. la cloche actuelle, d'un diamètre de 1,20 m porte en inscription : "†MIL DCXXIX POUR CHAUMONT FUZ ESTABLIEE ET NOBRE HOMME LOUP DE MELLUN MA DONNE NOM DE MARIE

†POUR OCQUEMANTEZ LA SONNERIE DU LIEU DE DEVOTION ET POOUR LORS VICAIRES DE CE LIEU MESSIRES JEHAN CHARBON DENIS HURE SON COMPAGNON  L A M"

Parmi les vestiges relatant l'administration de la paroisse de Chaumont, un obituaire sur parchemin en mauvais état, daté de 1.600, relate que le 20 novembre 1585, Louise de Vaudémont, Reine de France, épouse de Henri III, y entendit la messe.

L'église, qui a subi au cours des siècles l'usure du temps, étant en si mauvais état qu'en 1857, sa restauration s'imposa. Elle ne commença qu'en 1860 et... continue encore aujourd'hui !

Elle est inscrite en totalité à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Source : Huit siècles de vie seigneuriale à Chaumont-sur-Yonne (Abbé M. Terre, 1948).